Se battre pour nos travailleurs et la pérennité de leur métier. Carte blanche à Basilio Rotolo, porte-parole MWB-FGTB au sein de FLR.
7/06/2010
A ceux qui doutent encore du rôle que peuvent jouer les délégations syndicales dans le maintien de l’emploi ou dans la sauvegarde des connaissances liées aux métiers rares, racontez-leur donc l’histoire récemment vécue par les travailleurs de FLR (ex-FLR Industrielle, Liège).
FLR Industrielle, c’était jusqu’il y a peu cette entreprise familiale fondée il y a 85 ans et spécialisée dans la fabrication de ressorts pour bâtiments, serres et outillage et qui faillit disparaître, victime de la nonchalance des directeurs qui s’y sont succédés par héritage ou par mauvais hasard…
Basilio Rotolo, porte-parole MWB-FGTB au sein de l’entreprise récemment sauvée, explique : «Cela faisait des années qu’on dénonçait les erreurs de gestion à répétition, l’absence totale de tableau de bord ou les incohérences liées à la gestion des équipes… C’est bien simple: depuis des lustres, l’usine ne tournait plus que sur l’expérience et le savoir-faire des travailleurs. Une commande arrivait, elle ne transitait même plus par les bureaux des décideurs, elle atterrissait immédiatement en production. Et il valait mieux, en quelque sorte!
Evidemment, ça marche un temps mais le boulot réalisé dans les ateliers a beau être d’excellente qualité, il ne peut rattraper tous les mauvais choix d’investissements ou les endettements mal calculés. Tant va la cruche à l’eau…»
C’est ainsi que le 26 mars de cette année, FLR Industrielle fut déclarée en faillite. Et Basilio de poursuivre : «C’était comme un cauchemar éveillé ou une injustice trop lourde à subir. Impossible d’accepter qu’on ferme et qu’on tire un trait sur l’avenir des travailleurs que nous représentions ! Impossible de perdre les compétences et connaissances liées à ce métier de ressortier qui ne s’apprend que sur le terrain. Pas question de laisser désosser la boîte ou de la laisser partir au prix de son carnet d’adresses.
Nous avons donc multiplié les contacts, avec l’aide de notre Fédération MWB-FGTB. Nous avons enchaîné les réunions pour convaincre Ministres de la Région wallonne et repreneurs éventuels des atouts de notre entreprise. Nous n’avons cessé de mettre en avant la maîtrise de nos ouvriers et l’intérêt de la niche de production dans laquelle nous nous trouvions.
Et si nous avons réuni autour de notre nom la SOGEPA, qui détient désormais 49% de la nouvelle société (FLR), et un repreneur privé qui représente la majorité des actions, c’est tout simplement parce que nous sommes parvenus à démontrer l’important potentiel économique qu’offre le savoir-faire du personnel de FLR.
La reprise ne s’est pas faite sans mal ni sans dégât. Sur les 46 personnes occupées hier par FLR Industrielle, 24 seulement ont été reprises par la nouvelle FLR. Une fois de plus, les travailleurs ont payé le prix fort pour des erreurs qui ne leur incombaient pas !
Nous entendons accorder pleine confiance – de principe – à la nouvelle direction. Mais nous n’accepterons plus d’endosser ni rôles, ni responsabilités qui ne sont pas les nôtres. Nous serons là, comme par le passé, pour faire notre travail et bien le faire ! Et nous serons là quand il le faudra pour rappeler que tout bon travail mérite bonnes conditions et bons salaires !
Basilio Rotolo, pour la délégation MWB-FGTB.