Nous, Métallos de la MWB-FGTB, refusons les programmes de résignation. Nous sommes mobilisés, plus que jamais, sur les chantiers de la construction d'une autre société que celle dessinée par les fauteurs de crise et leurs larbins. Nous plaidons aujourd'hui pour un plan d'actions, au-delà de la grève du 30 janvier, un plan qui force le débat sur les alternatives que nous portons !
Edito de Nico Cué, 26/01/2012.
Les valeurs de la gauche ne sont pas solubles dans la crise des argentiers. Et en la matière, il n'y a pas de renoncement qui ne soit un abîme... En ce début d'année, Elio Di Rupo, Premier ministre PS du gouvernement sans doute le plus réactionnaire depuis 1960, a réservé l'annonce de «ses bonnes résolutions» au journal Le Soir. C'était le 14 janvier : «Il faut dire la vérité aux gens», disait-il.
Bonne nouvelle ! La vérité, c'est que les travailleurs, avec ou sans emploi, jeunes ou plus âgés, vont payer au prix fort une crise dont ils ne sont pas les coupables.
La vérité, c'est que le système financier n'est pas réformé, qu'on n'en prend pas le chemin, et qu'il ne paiera pas. Ni ses errements, ni ses erreurs, ni ses fautes.
La vérité, c'est que ce gouvernement n'a pas l'intention d'ouvrir le débat sur les alternatives fiscales portées par la FGTB. Tout juste est-il prêt à se concerter sur l'emballage de mesures «injustes et totalement déséquilibrées», comme les qualifiait le vice-président du PS, Philippe Moureaux. C'était dans La Libre au lendemain de la grève menée par la CGSP. «Injustes» mais... «totalement indispensables vu la conjoncture politique», ajoutait-il avec une dose de cynisme à vous abattre un cheval dans la force de l'âge.
Le «Papillon» est sourd parce qu’il a choisi son camp : celui de la finance
La vérité, c'est que la coalition ne veut pas entendre l'avertissement des économistes indépendants des banques qui répètent sur tous les tons que l'austérité n'est pas une politique valable. Qu'elle ne conduit qu'à une récession qui ne mène qu'à plus d'austérité encore...
La vérité, c'est que le pouvoir est sourd parce qu'il a choisi son camp. Et que ce n'est pas le nôtre. C'est celui de l'argent, de la finance, des banques et des fauteurs de trouble.
Depuis le «Plan Global», on connaît la chanson. Il nous faudrait avaler les reculs comme des progrès au nom des générations à venir. Pour nos enfants, que n'accepterions-nous ? Mensonge ! Le gouvernement « Papillon », avec la légèreté de son allégorie, se prépare activement à exclure du «chômage» les enfants des années 80 - 90 au nom de qui il fallut accepter les sauts d'index, les réformes des pensions, la flexibilité, les privatisations, etc... «Sans cela, c'eût été pire», expliquent ceux qui sont prêts à remettre le couvert. Malgré tous nos efforts, cela ne fut pas mieux ! Leurs recettes ne marchent pas !
Déclaration de guerre
Contre ce discours masochiste du mal qu'il faut se faire pour bien se porter, demain ou après, la MWB et ses militants déclarent la guerre ! La bataille fait déjà rage du côté des petits porteurs de la propagande du système. En décembre, ils titraient à l'unanimité «Une grève pour rien». Histoire de convaincre que plus rien ne serait possible. Que la classe ouvrière serait bel et bien livrée à quelle sinistre fatalité ? Qu'il lui faudrait peut-être aussi baisser les yeux ? Que la résignation serait une bonne politique ?
Gageons qu'à la veille et au lendemain du 30 janvier, la presse aura repassé au four les mêmes plats. Comme s'il ne fallait pas totalement désespérer le mouton qu'on se prépare à tondre, certains disent «comprendre» «la colère des ouvriers». Disons d'emblée que l'expression de la sympathie comme les protocoles compassionnels ne valent que s'ils s'accompagnent de résultats et, en l'occurrence, d'actes en rupture avec la «pensée unique»...
Sans cette dimension active, ces marques de solidarité n'auraient d'autre ambition politique que de contribuer à l'affaiblissement du rapport de forces des travailleurs.
Nos chantiers pour une autre société

Dans l'Histoire du mouvement ouvrier, les abdications n'ont produit aucune conquête. La MWB refuse les programmes de résignation. Elle plaide aujourd'hui pour un plan d'actions, au-delà de la grève du 30 janvier, un plan qui force le débat sur les alternatives que nous portons. Elle est mobilisée, plus que jamais, sur les chantiers de la construction d'une autre société que celle dessinée par les fauteurs de crise, leurs porteurs d'eau et leurs larbins.
La société pour laquelle nous nous battons exige plus de sécurité sociale et plus de services publics parce que les logiques marchandes ne fonctionnent pas dans toutes les dimensions de la vie en commun. Nous exigeons une société où chacun contribue en fonction de ses moyens et reçoit en fonction de ses besoins. Ce n'est pas celle du programme Di Rupo 1er !
Nous n'avons pas, nous, renoncé à ce projet. Il reste notre ambition et notre volonté. Nous n'accepterons pas que la crise en sape les fondations ou ruine nos rêves de plus de solidarité, d'égalité et de justice sociale. A bon entendeur...
Nico Cué, Secrétaire général de la MWB-FGTB