Pendant que les travailleurs crèvent lentement, certains se réjouissent du retour aux bénéfices des banques !
Edito de Nico Cué, 4/09/2009.
Chaque jour qui passe est un peu plus difficile pour les travailleurs. La plupart des entreprises de nos secteurs sont en chômage économique, certaines depuis près d’un an, et après avoir liquidé les intérimaires, puis les travailleurs à contrat à durée déterminée, les employeurs s’attaquent aujourd’hui aux contrats fixes.
Les pires craintes se profilent pour les travailleurs de la Sonaca et risquent de s’abattre comme un couperet sur des familles déjà aux abois. De sérieuses inquiétudes planent également au dessus de Caterpillar, ainsi que pour les travailleurs des entreprises sous-traitantes directement liées à la multinationale américaine. Sans parler des sidérurgistes, dont les hauts-fourneaux n’en peuvent plus de se taire, ni des milliers de Camarades dont le sacrifice ne fera jamais la une des journaux…
Et pendant que les travailleurs crèvent lentement, certains se réjouissent du retour aux bénéfices des banques ! Un signe de reprise, selon les économistes charlatans qui continuent à défendre un système basé sur du vent. Comme si la spéculation organisée par les banksters allait relancer l’économie…
L’Etat fédéral a vidé les caisses alimentées par la collectivité pour permettre aux banques de renouer avec les bénéfices. Des dizaines de milliards qui ne rapporteront rien aux travailleurs et ne feront que combler les aberrations d’un système libéral qui ne profite qu’aux riches.
Un système qui récompense la fraude en instaurant une déclaration libératoire unique (DLU) pour les grosses fortunes égarées dans des paradis éloignés. Un système qui met en péril notre sécurité sociale et qui appauvrit les services publics à coups de milliards de réductions de cotisations et autres intérêts notionnels, uniquement pour enrichir les actionnaires. Un système libéral qui a implosé mais dont le mur n’est pas encore tombé…
Confronté à un déficit budgétaire de plus de 20 milliards d’euros, l’Etat fédéral voudrait encore faire payer les travailleurs en nous imposant de nouvelles politiques anti-sociales. Des politiques d’austérité probablement plus violentes encore que celles des années 80 et 90, dont les ravages sont encore pourtant bien marqués dans notre chair.
S’attaquer aux soins de santé, sacrifier le premier pilier de pension, raviver la chasse aux chômeurs ou allonger le temps de travail alors que les emplois manquent cruellement, autant de propositions imbuvables en provenance de ceux qui sont responsables de la crise et d’un système qui nuit gravement aux travailleurs.
Nous ne voulons pas de ces solutions et nous ne les accepterons pas. Sur les 20 milliards de déficit au niveau fédéral, 15 milliards sont à imputer aux banques. Pourquoi ne pas imposer les bénéfices des banques à hauteur de 50% afin de rendre à la collectivité ce qui lui est dû ? Mais nous devons aller plus loin et changer cette société, transformer ces politiques libérales insensées en politiques sociales au service des travailleurs.
Arrêtons de remplir les poches des actionnaires et consolidons notre sécurité sociale en taxant le capital, comme cela est par ailleurs inscrit dans le dernier accord interprofessionnel.
L’économie est une compétence régionale et elle touche directement les travailleurs. Alors réapproprions-nous ce qui nous revient de droit, et combattons tous ensemble, au niveau de la Wallonie et de Bruxelles, pour rappeler que ce sont les travailleurs qui font tourner l’économie et qui en seront toujours le moteur…
Nico Cué, Secrétaire général de la MWB-FGTB