Scénario catastrophe pour la sidérurgie liégeoise : ArcelorMittal ferme le « chaud »

Actualité du 13/10/2011.

Au cours du conseil d'entreprise extraordinaire qui s'est tenu ce vendredi matin 14 octobre, la direction d'ArcelorMittal a confirmé la fermeture de la phase à chaud du bassin liégeois. Elle veut licencier 220 employés et cadres, et 361 ouvriers (500 personnes sous contrat à durée indéterminée et 81 sous contrat à durée déterminée).

Alors qu'un accord était intervenu lundi 10 octobre, après une semaine de grève, et que la direction liégeoise d’ArcelorMittal avait finalement décidé de réembaucher une trentaine de personnes, la direction européenne du groupe a annoncé par surprise, mercredi 12 octobre, la fermeture pure et simple de la phase à chaud liégeoise.

Une fermeture qui concerne les deux hauts-fourneaux (HFB et HF6), l'agglo, l'aciérie, plusieurs batteries de la cokerie... et au total près d'un millier d'emplois directs, auxquels il faut ajouter les sous-traitants, sur les 3.000 emplois encore comptabilisés à Liège. Sans préjuger de l'avenir du «froid», forcément directement menacé.

C’est une véritable catastrophe sociale qui frappe au cœur les travailleurs de l’entreprise et s’abat sur la région.

«C'est une véritable hypocrisie dans le chef de la direction. Ils savent depuis longtemps que l'outil est condamné et ils nous mènent en bateau. C'est scandaleux», a dénoncé Francis Gomez, président de la FGTB Métal Liège-Luxembourg.

Jeudi 13 octobre, la direction liégeoise avait prévu un conseil d'entreprise extraordinaire, mais a décidé de le postposer. Les manifestants étaient en nombre devant le Centre Acier d’ArcelorMittal à Flémalle, où le conseil d'entreprise aurait dû se tenir. Un piquet de grève s’est également formé à Chertal, où l’entrée du site a été bloquée.

«Les réactions seront dures et les actions risquent de durer longtemps», a prévenu le président des métallos liégeois. Aux dires d’ArcelorMittal, le «froid» de Liège ne serait pas concerné. Mais peut-on vraiment y croire ?

(Source : 6com.be)

Action

Le front commun syndical FGTB-CSC distribuera dimanche 16 octobre, sur le marché de la Batte à Liège, des tracts mobilisateurs. Le rendez-vous est prévu à 9h30, place Maghin.

ArcelorMittal Liège: huit ans de soubresauts

L'Histoire a une méchante tendance à se répéter pour le bassin sidérurgique liégeois. Voici huit ans, en janvier 2003, le groupe Arcelor annonçait déjà la fin de la phase à chaud. Les métallos de la FGTB Liège-Luxembourg obtinrent un délai qui devait initialement reporter la fermeture définitive à 2009. Puis ce fut le rachat par le groupe Mittal et la naissance d'ArcelorMittal. L'espoir d'une relance naquit enfin avec une conjoncture plus favorable. Quelques années furent encore nécessaires pour remettre le chaud en action, même si seul le haut-fourneau B d'Ougrée était encore opérationnel jusqu'il y a quelques semaines. (6com.be)

La chronologie 2003-2011 de 6com.be : cliquez ici.


Solidarité

Les témoignages de solidarité avec les travailleurs d'ArcelorMittal Liège affluent de toutes parts. En voici quelques extraits.

 

Chers Camarades,

Nous souhaitons vous adresser cette motion de soutien concernant votre combat pour le maintien de la phase à chaud dans le bassin liégeois. Nous saluons votre détermination. Nous sommes solidaires des travailleurs et de leur famille qui sont plongés dans le désarroi. Cette motion reflète également notre inquiétude quant à la stratégie menée par ArcelorMittal en Europe. Nous nous associons à votre rage contre le cynisme de Mittal qui après avoir largement profité du système décide d’arrêter la phase à chaud. Nous ne pouvons supporter que des milliers de travailleurs aient été grugés. Rien ne leur a été épargné. Mittal a menti. Tous les efforts consentis par les travailleurs ont été balayés d’un revers de la main au nom d’une logique financière honteuse.

La sidérurgie n’est pas un secteur obsolète mais un secteur d’avenir. Notre soutien inconditionnel à la consolidation de ce secteur n’est pas basé uniquement sur un simple aspect affectif. Il repose sur des bases économiques et sociales objectives. Nous devons défendre tous les outils. A force d’efforts largement consentis par les travailleurs, la sidérurgie wallonne est devenue l’une des plus performantes au monde. Elle dispose d’atouts indéniables que nous devons défendre tous ensemble.

Toutes les énergies seront nécessaires pour soutenir tout nouveau projet industriel. Tous les travailleurs méritent le respect et leur dignité ne peut pas être bafouée. C’est cela que nous irons crier à vos côtés le 26 octobre.

Soyez assurés de notre soutien fraternel.

Le Secrétariat de la FGTB Métal Hainaut-Namur

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Camarades,

C’est avec la gueule de bois que tous les sidérurgistes d’Industeel ont appris la nouvelle. Encore une fois la logique économique s’impose, au mépris de toutes autres règles. La morale, la solidarité, l’équité, le respect, tous ces mots sont morts encore une fois sur l’autel du profit. Combien de morts faudra t-il encore pour que les hommes en prennent conscience ?

Quand nos politiques comprendront-ils que donner tout le pouvoir dans les mains d’une seule personne, d’un seul groupe constitue le pire danger qui soit pour les équilibres. Quand reprendront-ils leur rôle d’arbitre et de juge dans la gouvernance ?

Quand nous réveillerons-nous tous, nous les bons petits soldats qui empruntons la route tous les jours,  alors que nous savons pertinemment bien ou elle conduit ?

Aujourd’hui, tous les sidérurgistes sont en deuil, tous baissent la tête, habités par des sentiments de colère et de trahison...mais ils n’ont pas encore un genou en terre, et ils sont prêts à le faire savoir... à bon entendeur !

La délégation FGTB d’Industeel, ainsi que tous les travailleurs qu’elle représente, sont à vos côtés, et ne manqueront pas de vous apporter tout leur soutien dans votre combat pour que soit respecté la justice sociale, et redonner tout son sens aux mots solidarité, morale, équité, respect.

Syndicalement vôtre, Camarades.

La Délégation d’Industeel Belgium ArcelorMittal

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Au nom du Comité régional et de l’esprit interprofessionnel qui l’anime je te prie de croire, Cher Camarade, Cher Nico, à l’assurance de notre indéfectible solidarité. Il y a peu tu écrivais que nous sommes tous Palestiniens. Aujourd’hui, pour te paraphraser, j’affirme que nous sommes aussi tous métallos. Je te saurai gré d’être tenu au courant de vos actions afin que nous puissions, dans la mesure de nos disponibilités, être présents à vos côtés dans le juste combat qui est le vôtre mais aussi celui de tous.

Michel Bordignon, Secrétaire régional intersectoriel CGSP Verviers

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C'est avec tristesse et colère que nous avons appris la nouvelle, nous sommes à vos côtés et  ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour vous soutenir dans ce combat.

Fraternellement,

La FGTB et le SETCa d'Aperam Châtelet

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Le secteur TBM de la CGSP apporte son soutien entier aux travailleurs d’Arcelor Mittal. Cette décision inique qui les frappe de plein fouet est un scandale de plus du système capitaliste. Alors que l'entreprise engrange de plantureux bénéfices, c'est la preuve que le système est vicié et au bout de ses limites. C'est d'autant plus abject que c'est en partie avec de l’argent public utilisé à des fins purement de profit et en dépit du bon sens et surtout de l’humain. Courage à tous les camarades pour les dures semaines à venir.

Très fraternellement,

Yves Depas, Secrétaire fédéral CGSP TBM

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Les Bruxellois de la FGTB se tiennent à disposition pour toute action de solidarité avec les travailleurs d’Arcelor-Mittal.

Bien fraternellement,

Philippe Van Muylder, Secrétaire général FGTB Bruxelles.

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Communiqué du CADTM

ArcelorMittal : à quand la justice sociale et environnementale ?

ArcelorMittal a annoncé la fermeture de la phase à chaud de la sidérurgie liégeoise car selon la direction «le site de Liège a un handicap : il nous coûte 50 euros par tonne plus cher que les autres sites d'ArcelorMittal». 581 emplois fixes (CDI et CDD) et près de 400 intérimaires sont directement menacés.

A cela, il faut ajouter la perte de deux emplois indirects (transport, entretiens,...) pour chaque emploi direct perdu. Dans le secteur public 70% du trafic de la grande gare de triage de Kinkempois à Liège est lié au transport des produits de la sidérurgie. La fermeture du « chaud » de Liège menace en outre directement la pérennité des outils du « froid ». En tout, ce sont quelque 3.000 emplois directs et des milliers d’emplois indirects qui sont sur la sellette.

De plus, les communes comme Seraing ou Oupeye vont perdre les taxes versées par ArcelorMittal, soit au moins 5 millions d’euros par an à Seraing et 3,7 millions à Oupeye (20% des taxes communales d’Oupeye proviennent de l’utilisation du site sidérurgique de Chertal). Ces pertes vont avoir inévitablement des conséquences sur les services sociaux de la commune. Alors que le bassin liégeois connaît un taux de chômage de 20% (contre 11,7 % pour la Wallonie), il apparaît inacceptable qu'une entreprise qui affiche des profits faramineux mette en péril des milliers d’emplois.

Le chiffre d’affaires mondial d'ArcelorMittal a augmenté de 28% en 2010 par rapport à l’année précédente et en Belgique, le groupe a dégagé en 2010 un bénéfice de 1,39 milliard d’euros. Notons, que sur cette somme, ArcelorMittal a payé... 0 euro d’impôts ! L’année précédente, il avait dû s’acquitter de 496 euros de contributions... Et ce grâce aux intérêts notionnels mis en place par Monsieur Didier Reynders (MR). Pour finir, la Région wallonne a provisionné 2 milliards d’euros pour les quotas de CO2, ou « droits de polluer », et 110 millions pour les investissements...

Le CADTM soutient l'ensemble des travailleurs touchés directement ou indirectement par la fermeture de la phase à chaud et se joint à la FGTB pour demander la nationalisation sans rachat ni indemnités de la sidérurgie liégeoise. De plus, le CADTM affirme qu'il est nécessaire d'ouvrir un débat public sur la reconversion de l'industrie sidérurgique afin de trouver des solutions durables permettant à la fois la garantie de l'emploi et le respect de l'environnement. ArcelorMittal doit également payer des réparations à la région au titre de la dette écologique de la région liégeoise dont le groupe est largement responsable pour la période durant laquelle il a exploité l'outil industriel.

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Chers camarades métallos,

Notre sous-secteur de la Centrale CGSP a appris avec stupeur et  indignation l’annonce de la fermeture de la sidérurgie à chaud dans le bassin liégeois par la direction d’Arcelor Mital.

Il dénonce avec fermeté cette fermeture justifiée uniquement par la soif de profits gigantesques de ces vautours de capitalistes, que constituent les grands patrons et la direction liégeoise d’Arcelor Mital.

L’argumentation de la mauvaise rentabilité des installations de Seraing et Chertal,  et de la crise économique est un faux prétexte. Ils préfèrent aller exploiter des travailleurs au moindre coût et moins bien protégés du point de vue social.

Notre sous-secteur  témoigne ainsi de sa solidarité avec les sidérurgistes victimes de cette soif de profits de ces bandits. Il exige la continuation de la sidérurgie à chaud dans le bassin liégeois, et une taxation équitable des profits engrangés par Arcelor Mital en Belgique. Il est inacceptable que cette société ne paie quasiment pas d’impôts alors que les revenus des travailleurs qu’elle met sur la paille le sont fortement. Solidarité avec l’ensemble des travailleurs de la sidérurgie, qu’ils soient wallons ou flamands ! En effet, ce qui arrive actuellement à Liège pourrait très bien se produire chez Sidmar ( Gand). Faîtes payer la crise aux riches !!! Non à l’impérialisme de Mital, stade suprême du capitalisme. Vive la solidarité interprofessionnelle.  Vive le Socialisme.

Au nom du Comité CGSP-AMIO sous-secteur Affaires Etrangères, Ghislain Vanderheyden, Président.

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Communiqué de la CGT

La CGT est comme vous écœurée par les annonces faites hier pour le site de Liège. Nous voulons exprimer toute notre solidarité aux travailleurs liégeois et à leur famille. Il va de soi que la CGT va déployer ses efforts pour que l’on puisse avoir rapidement une réaction coordonnée et structurée avec les salariés en France, en Belgique, en Europe ces prochains jours. Nous nous réunissons mercredi prochain à Paris pour affiner nos propositions d’action, en vue de la réunion des OS du groupe le 24 à Bruxelles. Les annonces à Liège sont une attaque contre toute notre sidérurgie.

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Extraits du communiqué du Gouvernement wallon

Tout groupe multinational qu’il est, nous nous attacherons à ce qu’Arcelor Mittal respecte les obligations sociales, environnementales et industrielles qui sont les siennes. Nous allons procéder à un screening précis de l’ensemble de ces obligations et de ces engagements. Nous serons intraitables surleur respect.

Nous entendons être pleinement solidaires des travailleurs. C’est au nom de cette solidarité que notre action se focalisera prioritairement sur la question du devenir de l’outil industriel et de recherche. Là aussi nous serons clairs sur la question d’un éventuel repreneur : si un tel acteur était amené à se manifester, nous mettrions tout en œuvre pour assurer une cession de l’outil.

Indépendamment de cette question, Arcelor Mittal devra assumer les conséquences de sa décision en termes de réhabilitation des lieux. La Wallonie entreprendra toutes les démarches utiles pour garantir un redéploiement de ce secteur.

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